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Étudier en Belgique : guide complet pour les familles francophones

Médecine sans PASS, frais européens, proximité culturelle : pourquoi la Belgique attire autant de familles françaises chaque année.

Photo de Constantin Mardoukhaev

Constantin Mardoukhaev

Co-fondateur, Axiom Academic · Publié le 9 avril 2026 · Mise à jour 12 juin 2026

Façades dorées des maisons de corporation de la Grand-Place de Bruxelles

Fiche d'identité

Plateforme de candidature
Candidature directe auprès de chaque université / haute école
Langues d'enseignement
Français (Wallonie-Bruxelles), Néerlandais (Flandre), Anglais (programmes internationaux)
Coût annuel moyen
835 € en 2025-2026, 1 194 € plein tarif dès 2026-2027 (Fédération Wallonie-Bruxelles) ; jusqu'à 4 500 € (hautes écoles privées)
Durée de la licence
3 ans (Bachelor) / 5 ans (Master ingénieur civil, médecine)
Visa requis
Non
Reconnaissance du diplôme
Bonne lisibilité en France grâce au cadre de Bologne (LMD/ECTS). Pour les professions réglementées, une procédure de reconnaissance via ENIC-NARIC peut être nécessaire.

La Belgique est la destination la plus discrète et la plus stratégique de l’enseignement supérieur européen pour une famille francophone. Pas de marketing universitaire tape-à-l’œil, pas de classements médiatisés, mais une réalité que beaucoup de familles découvrent trop tard : un système universitaire de très bonne qualité, en français, à des frais européens, à 1h30 de Paris en TGV, sans visa, sans IELTS, sans les lourdeurs administratives d’un visa ou d’un test de langue.

Et surtout, un avantage que presque aucune autre destination n’offre : l’accès aux études de médecine, dentaire, vétérinaire et kinésithérapie sans le filtre impitoyable du PASS/LAS français.

1. Le système en bref

La Belgique a trois communautés linguistiques, et donc trois systèmes d’enseignement supérieur :

Fédération Wallonie-Bruxelles (francophone)

C’est le système qui intéresse 95 % des familles françaises. Il comprend :

  • 6 universités : UCLouvain (Louvain-la-Neuve), ULB (Bruxelles), ULiège, UNamur, UMons, UCLouvain Saint-Louis Bruxelles (anciennement Université Saint-Louis, désormais rattachée à l’UCLouvain)
  • ~20 hautes écoles : établissements d’enseignement supérieur non universitaire, orientés vers des métiers spécifiques (paramédical, arts, pédagogie, technique)
  • Des écoles supérieures des arts (La Cambre, ENSAV, conservatoires)

Tous les cours sont en français. Les frais sont réglementés. Le diplôme bénéficie d’une forte lisibilité en France grâce au cadre de Bologne.

Communauté flamande (néerlandophone)

KU Leuven, régulièrement classée dans le top 50 mondial (QS, THE), Universiteit Gent, VUB, Universiteit Antwerpen. Cours principalement en néerlandais, avec quelques masters en anglais. Moins pertinent pour une famille francophone sauf si l’enfant est bilingue FR/NL ou vise un programme anglophone spécifique.

Communauté germanophone

Très petite, quasi inexistante pour l’enseignement supérieur. À ignorer dans ce guide.

2. Pourquoi la Belgique attire autant de Français

a. Les études de santé : l’alternative au PASS/LAS

C’est le sujet. En France, l’accès aux études de médecine, dentaire, pharmacie et sage-femme passe par le PASS ou le LAS, avec un taux de réussite en première année de 15-30 %. Beaucoup de familles françaises vivent cette sélection comme un couperet injuste.

En Belgique francophone, l’accès aux études de médecine et dentaire fonctionne différemment :

  • Depuis 2023, c’est officiellement un concours d’entrée : le nombre de places est fixé à l’avance et les candidats sont classés. Le concours est organisé par l’ARES en une seule session annuelle, fin août (pour la rentrée 2026 : le 27 août 2026, à Brussels Expo ; inscriptions en ligne du 18 mai au 5 juillet). L’ancien « examen d’entrée » à deux sessions (été et automne) n’existe plus : qui rate la session unique attend un an.
  • Parmi les admis, la part des non-résidents (dont les Français) est plafonnée à 15 %. En 2025 : 219 lauréats non-résidents sur 1 462 admis en médecine. Pour un candidat français, la vraie concurrence se joue donc à l’intérieur de ce quota, et elle est nettement plus rude que le taux de réussite global ne le laisse penser.
  • Le concours teste les connaissances scientifiques et les capacités de raisonnement. La grande différence avec le PASS/LAS reste vraie : la sélection se passe avant de commencer les études, pas après une année perdue.

Pour les études de vétérinaire et de kinésithérapie, c’est encore plus favorable : l’accès se fait par tirage au sort parmi les candidats non-résidents (les « non-résidents » sont les étudiants qui ne vivent pas en Belgique depuis au moins 15 mois). Le tirage au sort peut sembler aléatoire, mais il offre une chance réelle à des étudiants qui n’auraient aucune chance dans le système français.

b. Les frais sont européens

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les frais d’inscription sont réglementés par décret. Attention : une réforme votée le 5 juin 2026 par le Parlement de la FWB augmente le minerval à partir de la rentrée 2026 :

Statut2025-2026Dès 2026-2027
Étudiant UE boursier0 €0 €
Étudiant UE de condition modeste374 €374 €
Étudiant UE de condition intermédiaire835 €835 €
Étudiant UE (plein tarif)835 €1 194 €, indexé ensuite
Étudiant hors UE~4 000 à 6 000 €~4 000 à 6 000 €

1 194 € par an au plein tarif pour une rentrée en 2026 ou 2027 (la majorité des familles françaises qui s’expatrient relèvent du plein tarif). C’est environ 7 fois le tarif français (178 €), mais c’est toujours plus de 10 fois moins que le UK et 40 fois moins que les USA. Sur une licence de 3 ans, le total des frais de scolarité est d’environ 3 600 €, soit quelques mois de loyer à Paris.

c. La proximité culturelle et linguistique

Pour une famille française, la Belgique francophone est le pays étranger le plus facile à intégrer :

  • Même langue, même culture universitaire (héritée du modèle napoléonien)
  • À 1h20 de Paris en Thalys/Eurostar (Bruxelles), 2h de Lille (Louvain-la-Neuve)
  • Pas de choc culturel, pas de barrière linguistique, pas de visa
  • Possibilité de rentrer tous les weekends si nécessaire

d. La qualité académique est réelle

UCLouvain et ULB sont régulièrement classées dans le top 200 mondial (QS, Times Higher Education). KU Leuven (côté flamand) est dans le top 50. Ce ne sont pas des universités de second rang : c’est un enseignement solide, reconnu partout en Europe.

3. Le piège du tirage au sort (à comprendre absolument)

Le système belge a mis en place un quota de non-résidents pour certaines filières très demandées par les étudiants étrangers (principalement les Français). Ces filières sont dites « contingentées » :

  • Médecine et dentisterie → concours d’entrée à session unique, avec un quota de 15 % de non-résidents parmi les admis
  • Kinésithérapie → tirage au sort parmi les non-résidents
  • Vétérinaire → tirage au sort parmi les non-résidents
  • Logopédie (orthophonie) → tirage au sort
  • Audiologie → tirage au sort

Le tirage au sort fonctionne ainsi : les non-résidents déposent leur candidature, et un tirage aléatoire détermine qui obtient les places réservées (~30 % des places totales sont ouvertes aux non-résidents). Le taux de sélection varie d’une année à l’autre : en vétérinaire, environ 15-20 % des candidats non-résidents sont tirés au sort positivement.

Conséquence pratique : si votre enfant vise la kinésithérapie ou le vétérinaire en Belgique, il faut un plan B. Le tirage au sort est par définition incertain. Candidater uniquement en Belgique sans backup Parcoursup est risqué.

4. Les universités phares à connaître

UniversitéVilleRéputation pour
UCLouvainLouvain-la-NeuveSciences, ingénierie, médecine, droit. Campus dédié aux étudiants (ville universitaire).
ULB (Université Libre de Bruxelles)BruxellesSciences politiques, relations internationales, philosophie, sciences. Très cosmopolite.
ULiègeLiègeSciences, médecine vétérinaire, ingénierie, HEC Liège (management).
UNamurNamurSciences, informatique, environnement. Ambiance plus familiale.
UMonsMonsSciences, ingénierie, traduction. Petite taille, encadrement personnalisé.
KU Leuven (flamand)LeuvenTop 50 mondial. Sciences, ingénierie, économie. Programmes en anglais disponibles.

Cas particulier de Louvain-la-Neuve : c’est une ville entièrement conçue pour les étudiants. Pas de centre-ville « classique » : tout est piéton, tout est calibré pour la vie étudiante. C’est probablement le cadre le plus agréable pour un étudiant de 18 ans qui vit sa première année loin de chez lui.

5. Coût de la vie

La Belgique est légèrement moins chère que la France pour la vie étudiante, surtout en dehors de Bruxelles.

PosteBruxellesLouvain-la-Neuve / Liège / Namur
Logement (kot étudiant)450-700 €350-500 €
Nourriture200-300 €180-250 €
Transport50 € (abonnement STIB)30-50 €
Loisirs100-150 €80-120 €
TOTAL mensuel800-1 200 €640-920 €
TOTAL annuel (10 mois)8 000-12 000 €6 400-9 200 €

Le « kot » (chambre étudiante) est l’équivalent belge de la résidence universitaire. Les kots sont souvent moins chers et plus faciles à trouver qu’un logement étudiant à Paris, surtout en dehors de Bruxelles.

6. Pour qui la Belgique est-elle pertinente ?

D’expérience, c’est le bon choix pour les familles dont l’enfant :

  • Veut faire médecine, dentaire, vétérinaire ou kiné et veut une alternative au filtre PASS/LAS
  • Préfère rester en environnement francophone tout en ayant une expérience « à l’étranger »
  • A un budget limité : c’est la destination internationale la moins chère après la France elle-même
  • Veut un cadre universitaire solide sans la taille écrasante de la Sorbonne ou Saclay
  • Est proche géographiquement (nord de la France, Île-de-France) et veut pouvoir rentrer facilement

À l’inverse, ce n’est pas la bonne destination pour :

  • Un élève qui veut une immersion anglophone (sauf programmes flamands ou internationaux)
  • Un élève qui veut le prestige d’un diplôme anglo-saxon (le diplôme belge est reconnu mais n’a pas le même signal que Cambridge ou MIT)
  • Un élève qui veut un environnement ultra-international (les Pays-Bas sont plus diversifiés)

7. Calendrier type pour une candidature à la rentrée 2027

PériodeÉtape
Automne 2026-début 2027Identifier les universités cibles + comprendre les filières contingentées
Printemps 2027Inscription au tirage au sort (kiné, véto, logo) si concerné
Mi-mai à début juillet 2027Inscription au concours d’entrée médecine/dentisterie sur mesetudes.be (en 2026 : du 18 mai au 5 juillet, 30 €)
Janvier-août 2027Préparation au concours (si concerné)
Fin août 2027Concours d’entrée médecine/dentisterie : session unique annuelle (en 2026 : le 27 août, à Brussels Expo)
Septembre 2027Résultats du concours / du tirage au sort + inscription administrative à l’université
Septembre 2027Rentrée

Attention : pour les filières non contingentées (droit, sciences, lettres, économie, ingénieur civil), l’inscription est directe, sans examen ni tirage au sort. Il suffit de s’inscrire à l’université avant la date limite (généralement fin septembre, parfois fin août pour les non-résidents).

À retenir

  • La Belgique francophone offre un enseignement de qualité en français, reconnu dans toute l’UE, à 835 €/an en 2025-2026 et 1 194 €/an au plein tarif à partir de 2026-2027 (réforme votée en juin 2026).
  • C’est la destination pour les études de santé quand le PASS/LAS français est un obstacle. Mais médecine passe depuis 2023 par un concours à session unique fin août, avec un quota de 15 % de non-résidents parmi les admis : une vraie sélection, à préparer sérieusement.
  • Le tirage au sort en vétérinaire et kiné est réel. Il faut toujours un plan B.
  • UCLouvain et ULB sont dans le top 200 mondial : qualité académique confirmée.
  • Le coût de la vie est inférieur à celui de la France (surtout en dehors de Bruxelles).
  • La proximité (1h20 de Paris en Thalys) rend les allers-retours faciles : c’est « l’étranger le plus proche ».

Pour aller plus loin


Fiche rédigée par Constantin Mardoukhaev, co-fondateur d’Axiom Academic. Constantin accompagne des familles francophones dans leurs projets d’études à l’international, avec une expertise particulière sur les alternatives aux filières contingentées en France.

Questions fréquentes

Combien coûte une année d'université en Belgique francophone ?
Le minerval est de 835 € en 2025-2026. À partir de 2026-2027, le plein tarif passe à 1 194 € (réforme votée en juin 2026), avec des tarifs réduits selon les revenus : 0 € pour les boursiers, 374 € en condition modeste, 835 € en condition intermédiaire.
Comment entre-t-on en médecine en Belgique ?
Par un concours d'entrée national organisé par l'ARES, en une seule session fin août (le 27 août 2026 pour la rentrée 2026). Les places sont limitées et la part des non-résidents, dont les Français, est plafonnée à 15 % des admis.
Faut-il un visa pour étudier en Belgique ?
Non pour les ressortissants UE. L'inscription se fait directement auprès de chaque université, généralement avant fin septembre.
Qu'est-ce que le tirage au sort des non-résidents ?
Pour kinésithérapie, vétérinaire, logopédie et audiologie, environ 30 % des places sont ouvertes aux non-résidents et attribuées par tirage au sort. Il faut donc toujours un plan B, par exemple un dossier Parcoursup mené en parallèle.

Dernière mise à jour : 12 juin 2026

Crédits photo : Stephanie LeBlanc · Unsplash · source