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Le guide des études supérieures
France

Bourses et aides au financement des études supérieures : le guide complet

CROUS, APL, alternance, bourses privées, prêts étudiants : tout ce qui peut alléger la facture des études supérieures en France, sans jargon.

Photo de Mathieu Choplain

Mathieu Choplain

Co-fondateur, Axiom Academic · Publié le 11 avril 2026

10 min de lecture

Sommaire
  1. 1. Les bourses CROUS sur critères sociaux
  2. 2. L’APL (Aide Personnalisée au Logement)
  3. 3. L’alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation)
  4. 4. Les bourses de mérite et bourses d’excellence
  5. 5. Les bourses des collectivités territoriales
  6. 6. Les fondations et prix privés
  7. 7. Les prêts étudiants garantis par l’État
  8. 8. Le job étudiant et la rémunération d’activité
  9. 9. La caution Visale (pour le logement)
  10. 10. Les aides spécifiques aux étudiants étrangers
  11. La stratégie globale : cumuler intelligemment
  12. Les 3 conseils que je donne systématiquement
  13. 1. Faire le DSE avant mai, même sans savoir où on va
  14. 2. Ne pas oublier l’APL
  15. 3. Vérifier les fondations privées
  16. À retenir
  17. Pour aller plus loin

Quand une famille me contacte pour parler financement, la première phrase est presque toujours la même : « On ne sait pas à quoi on a droit. » Et c’est normal : le paysage des aides est fragmenté entre l’État, les collectivités locales, les fondations, les entreprises, les universités elles-mêmes. Personne ne vous le résume de manière claire parce que personne n’a d’intérêt à le faire.

Cet article est ce résumé clair. Il couvre les 10 dispositifs principaux qui peuvent alléger la facture d’études supérieures en France, avec pour chacun : qui y a droit, combien ça rapporte, comment en faire la demande. Pas de promesses exagérées, pas de jargon administratif, juste ce qui fonctionne réellement.

1. Les bourses CROUS sur critères sociaux

Ce que c’est : l’aide la plus connue et la plus utilisée. Environ 30 % des étudiants en bénéficient. Le montant dépend d’un échelon (0bis à 7) calculé sur les revenus des parents, le nombre d’enfants à charge, et la distance domicile-établissement.

ÉchelonMontant annuel 2025-2026
0 bis1 454 €
11 873 €
22 819 €
33 611 €
44 402 €
55 055 €
65 361 €
76 335 €

Qui y a droit : étudiants de moins de 28 ans au moment de la première demande, sous plafond de ressources. Le plafond est calculé sur l’avis d’imposition de l’année N-2 (donc pour la rentrée 2026, c’est l’avis d’imposition 2024 sur les revenus 2023).

Avantages cumulables : les boursiers sont exonérés des frais d’inscription universitaires (178 €) et de la CVEC (105 €). Ils paient 1 € le repas au restaurant universitaire au lieu de 3,30 €.

Comment demander : créer un Dossier Social Étudiant (DSE) sur messervices.etudiant.gouv.fr entre le 15 janvier et le 31 mai pour la rentrée suivante. C’est le même dossier pour la bourse ET la demande de logement CROUS.

Piège classique : attendre l’admission Parcoursup pour faire la demande. Faux, le DSE se fait avant l’admission, sans savoir encore où vous serez. On peut modifier l’établissement après.

2. L’APL (Aide Personnalisée au Logement)

Ce que c’est : aide de la CAF versée tous les mois pour réduire le loyer. Contrairement aux bourses, elle est accessible à la majorité des étudiants, pas seulement aux boursiers.

Montant : 100 à 250 €/mois selon le loyer, la ville et les ressources de l’étudiant (pas celles des parents, si l’étudiant n’est plus rattaché fiscalement).

Qui y a droit : tous les étudiants locataires d’un logement non meublé (ou meublé avec bail étudiant), y compris en résidence universitaire ou en résidence étudiante privée. Y compris les étudiants étrangers avec titre de séjour valide.

Comment demander : dossier sur caf.fr dès la signature du bail. Le premier versement arrive 2 mois après la demande. Conseil : faire la demande le jour de l’emménagement, ne pas attendre.

Piège : si l’étudiant reste rattaché fiscalement aux parents (sur leur avis d’imposition), les parents perdent une demi-part fiscale et ne peuvent plus compter l’enfant dans le quotient familial. Le calcul optimal dépend de la tranche d’imposition de la famille, à faire avec un comptable ou via le simulateur de la CAF.

3. L’alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation)

Ce que c’est : probablement la meilleure stratégie financière du système français. L’étudiant est salarié d’une entreprise pendant ses études, suit sa formation en alternance (ex : 3 semaines entreprise / 1 semaine école), et :

  • Les frais de scolarité sont intégralement payés par l’entreprise via l’OPCO (opérateur de compétences)
  • Un salaire mensuel est versé (27 à 100 % du SMIC selon l’âge et l’année d’études)
  • Une expérience professionnelle s’accumule pendant le cursus

Exemple concret : un étudiant en école de commerce à 15 000 €/an qui fait son Master 1 et Master 2 en alternance ne paie rien de sa poche et gagne environ 15 000 €/an net. Sur 2 ans, c’est 30 000 € d’économies + 30 000 € de salaire = 60 000 € de différence avec un étudiant en formation initiale.

Qui y a droit : tous les étudiants jusqu’à 29 ans révolus (ou 34 ans pour certains publics spécifiques). La plupart des écoles et universités proposent des cursus en alternance à partir du Master 1 (parfois dès la Licence 3 ou le BUT 3e année).

Comment faire : trouver une entreprise qui accepte de vous prendre en alternance avant la rentrée (la recherche commence typiquement en mars-avril pour une rentrée en septembre). C’est l’étape la plus difficile, tous les étudiants ne trouvent pas. Les grandes écoles ont généralement un service dédié qui aide.

4. Les bourses de mérite et bourses d’excellence

Les bourses de mérite ministérielles sont accordées aux étudiants ayant obtenu la mention très bien au Bac (avec avis favorable du chef d’établissement) et qui sont également boursiers CROUS. Montant : ~900 €/an en plus de la bourse CROUS.

Les bourses d’excellence propres aux établissements existent dans la plupart des grandes écoles (HEC, ESSEC, Polytechnique, Sciences Po, INSA, etc.). Elles visent à attirer des profils exceptionnels et peuvent couvrir tout ou partie des frais de scolarité. Chaque école a ses critères.

Qui y a droit : les profils au dossier scolaire excellent. Les bourses d’excellence sont rarement « annoncées » : il faut souvent contacter directement le service des admissions de l’école visée pour savoir ce qui existe.

Cas particulier Sciences Po Paris : les frais de scolarité sont modulés selon les revenus des parents, de 0 € à 14 000 €/an. Pour une famille à faibles revenus, Sciences Po Paris coûte moins cher qu’une université publique (en tenant compte de la bourse CROUS).

5. Les bourses des collectivités territoriales

Ce que c’est : les régions, départements et communes ont toutes leurs propres dispositifs d’aide aux étudiants. Personne ne vous en parle parce que c’est fragmenté et peu médiatisé. Exemples :

  • Bourse régionale de mobilité internationale (toutes les régions) : 300 à 500 €/mois pour un semestre à l’étranger, cumulable avec Erasmus
  • Aides départementales : certains départements versent une aide annuelle de 500 à 1 500 € aux étudiants boursiers de leur territoire
  • Aides communales : quelques grandes villes ont des fonds pour les étudiants de la commune

Comment savoir : contacter le service jeunesse de votre région, département ou commune. C’est sous-utilisé parce que mal connu.

6. Les fondations et prix privés

Plus de 1 000 fondations en France attribuent des bourses à des étudiants, souvent sur des critères très spécifiques (origine géographique, domaine d’études, situation familiale, profil scolaire). Quelques exemples :

  • Fondation de France — base de données des fondations par thématique
  • Fondation Culture & Diversité — pour les étudiants de milieu modeste visant les grandes écoles
  • Fondation Georges Besse — bourses d’excellence pour ingénieurs
  • Fondation Giveka — aides pour études supérieures des enfants de fonctionnaires de l’État
  • Rotary Club / Lions Club — bourses locales sur dossier

La stratégie : consacrer un après-midi à chercher les fondations éligibles à votre profil via la base de données de la Fondation de France (fondationdefrance.org). Beaucoup de familles ignorent ces aides parce que c’est fragmenté, mais un étudiant patient peut souvent cumuler 2-3 bourses privées à quelques centaines ou milliers d’euros chacune.

7. Les prêts étudiants garantis par l’État

Ce que c’est : un prêt bancaire jusqu’à 20 000 € garanti par l’État via la BPI. L’étudiant n’a pas besoin de caution parentale, et peut rembourser après ses études (différé de 2 à 5 ans).

Qui peut demander : tous les étudiants de moins de 28 ans inscrits dans un établissement français, sans condition de ressources.

Banques partenaires : Société Générale, Crédit Mutuel, Banque Populaire, CIC, Caisse d’Épargne, La Banque Postale.

Taux : variable selon la banque, typiquement 1,5 à 4 % en 2025-2026. C’est un taux correct, mais ça reste une dette à rembourser. À ne faire que si le projet professionnel est clair et si le retour sur investissement attendu le justifie (grande école, filière à forts débouchés).

8. Le job étudiant et la rémunération d’activité

Ce que c’est : l’étudiant travaille en parallèle de ses études. En France, un étudiant peut travailler jusqu’à 60 % du temps de travail annuel (environ 964 heures/an) sans que ça affecte sa sécurité sociale ou ses bourses.

Salaire typique : 11,65 €/h (SMIC) pour un job étudiant classique. Sur 15h/semaine × 40 semaines = ~7 000 €/an brut.

Attention : travailler plus de 15-20h/semaine pendant les études dégrade significativement les résultats scolaires. Le job étudiant doit rester un complément, pas la source principale de revenus. Si l’étudiant doit travailler plus, l’alternance est presque toujours une meilleure option.

9. La caution Visale (pour le logement)

Ce que c’est : pas une aide directe mais un dispositif qui débloque le logement pour beaucoup d’étudiants. L’État (via Action Logement) se porte garant auprès du propriétaire, remplaçant le garant physique habituellement demandé.

Qui y a droit : tous les étudiants de moins de 30 ans, sans condition de ressources des parents. Particulièrement utile pour les familles expatriées (qui ne peuvent pas être garantes de France) et pour les étudiants étrangers.

Comment faire : demande en ligne sur visale.fr avant de signer le bail. La garantie est gratuite pour l’étudiant et accélère énormément la recherche de logement.

10. Les aides spécifiques aux étudiants étrangers

Ce que c’est : dispositifs pour les étudiants qui ne sont pas Français mais qui étudient en France.

Principales aides accessibles aux étrangers :

  • APL (oui, les étudiants étrangers avec titre de séjour y ont droit)
  • Repas à 3,30 € au RU (tous les étudiants inscrits dans un établissement français)
  • Bourses du gouvernement français (Eiffel, Charpak, BGF) — pour des profils d’excellence, attribution via Campus France
  • Exonérations de frais d’inscription — certaines universités peuvent exonérer partiellement ou totalement les frais d’inscription élevés pour les étudiants hors UE (de 2 770 € à 3 770 €/an) sur critères de mérite

Important : depuis 2019, les étudiants hors UE paient des frais d’inscription plus élevés à l’université (2 770 € en licence, 3 770 € en master au lieu de 170 € et 254 €). Beaucoup d’universités appliquent des exonérations partielles ou totales, renseignez-vous directement auprès de l’établissement.

La stratégie globale : cumuler intelligemment

Les aides ne s’excluent pas, au contraire elles se cumulent. Un étudiant peut parfaitement toucher :

  • Bourse CROUS (3 600 €/an échelon 3)
  • APL (150 €/mois = 1 500 €/an)
  • Bourse régionale pour un semestre à l’étranger (2 000 €)
  • Petite bourse d’une fondation privée (500 €)
  • Exonération de frais d’inscription (178 €) + CVEC (105 €)

Total annuel : 7 870 € d’aides directes + exonérations, sans compter les repas RU à 1 € qui économisent ~1 500 €/an. Sur une licence de 3 ans, c’est ~28 000 € d’aides cumulées.

Pour une famille à revenus modestes, ce cumul peut rendre les études supérieures quasi gratuites, voire rémunératrices si l’alternance entre en jeu en Master.

Les 3 conseils que je donne systématiquement

1. Faire le DSE avant mai, même sans savoir où on va

Beaucoup de familles ratent la bourse CROUS parce qu’elles attendent l’admission Parcoursup pour faire le dossier. Résultat : dossier déposé en juillet, traité en octobre, premier versement en novembre. Le DSE se fait de janvier à mai, indépendamment de Parcoursup. On peut modifier l’établissement plus tard.

2. Ne pas oublier l’APL

C’est l’aide la plus mal connue : beaucoup de familles pensent qu’elle est réservée aux boursiers. Faux. Tous les étudiants locataires y ont droit, sous réserve de ne pas être rattachés fiscalement aux parents (ou selon un arbitrage fiscal). 150 €/mois pendant 3 ans = 5 400 €. Ce n’est pas rien.

3. Vérifier les fondations privées

C’est 30 minutes de recherche sur fondationdefrance.org. Parfois ça ne donne rien, parfois ça débloque 1 000-3 000 €/an. Ça vaut toujours le coup d’essayer.

À retenir

  • 10 dispositifs principaux : CROUS, APL, alternance, bourses de mérite, collectivités territoriales, fondations privées, prêts garantis, job étudiant, caution Visale, aides aux étrangers.
  • Les aides se cumulent — un étudiant bien renseigné peut toucher 7 000-8 000 €/an d’aides directes.
  • L’alternance est la meilleure stratégie financière pour les écoles payantes : 0 € de frais + salaire.
  • Le DSE pour la bourse CROUS se fait entre janvier et mai, avant l’admission Parcoursup.
  • L’APL est accessible à la majorité des étudiants, pas seulement aux boursiers.
  • Les fondations privées sont sous-utilisées — 30 minutes de recherche peuvent débloquer plusieurs milliers d’euros.

Pour aller plus loin


Article rédigé par Mathieu Choplain, co-fondateur d’Axiom Academic. Mathieu accompagne des familles dans la construction de leur projet d’orientation, avec une attention particulière aux questions de financement et de retour sur investissement.

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