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Le guide des études supérieures
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Étudier au Canada : guide complet pour les familles francophones

Tarifs préférentiels au Québec pour les Français, deux systèmes parallèles, qualité académique reconnue : ce qu'il faut savoir avant de viser une université canadienne.

Photo de Constantin Mardoukhaev

Constantin Mardoukhaev

Co-fondateur, Axiom Academic · Publié le 8 avril 2026

Fiche d'identité

Plateforme de candidature
Plateforme provinciale (OUAC en Ontario, ApplyAlberta, EducationPlannerBC, BUREAU au Québec)
Langues d'enseignement
Anglais, Français (Québec et Ontario partiel)
Coût annuel moyen
5 000 € (Québec, étudiants français) à 35 000 € (universités anglophones)
Durée de la licence
3 ans (Québec) ou 4 ans (reste du Canada)
Visa requis
Oui
Reconnaissance du diplôme
Diplômes canadiens reconnus en France via le réseau ENIC-NARIC. Pour le Québec, accord franco-québécois facilitant l'équivalence des diplômes.

Le Canada est l’une des destinations les plus pertinentes pour une famille francophone qui veut conjuguer qualité académique internationale et budget réaliste. C’est aussi l’une des plus mal comprises : beaucoup de familles confondent « le Canada » et « les universités canadiennes » comme s’il s’agissait d’un système unique. C’est faux. Le Canada n’a pas de système universitaire fédéral : chaque province gère ses propres universités, ses propres frais, sa propre plateforme de candidature.

Cette fiche distingue donc clairement les deux mondes auxquels une famille francophone est confrontée : le Québec d’un côté, le reste du Canada de l’autre.

1. Deux pays universitaires en un

Le Québec — un cas à part

Le Québec a sa propre logique. L’enseignement supérieur québécois est divisé en CÉGEP (équivalent d’un préparatoire / 1er cycle court de 2 ans après le secondaire) puis université (Bachelor’s, qui dure souvent 3 ans car le CÉGEP a déjà couvert la première année universitaire des autres provinces).

Les principales universités québécoises : McGill (anglophone, top 30 mondial), Université de Montréal (UdeM, francophone), Université Laval (Québec), Concordia (anglophone, Montréal), HEC Montréal (école de gestion).

Le reste du Canada — système anglophone classique

Dans les 9 autres provinces, la licence (Bachelor’s degree) dure 4 ans, en anglais (sauf quelques exceptions comme l’Université d’Ottawa, bilingue). Les références : University of Toronto (top 25 mondial), UBC (Vancouver), McGill (à cheval, Montréal), University of Waterloo (excellence en sciences/ingénierie/informatique), Queen’s University (Kingston).

2. Pourquoi c’est très intéressant pour les familles francophones

a. L’accord franco-québécois : tarif réduit

C’est le point que beaucoup de familles ignorent. Depuis 2015, un accord entre la France et le Québec accorde aux étudiants français au niveau licence des frais de scolarité alignés sur les tarifs canadiens hors-Québec (« hors province »), au lieu des tarifs internationaux. Concrètement :

NiveauTarif internationalTarif Français (avec accord)
Licence (Bachelor)~25 000 CAD/an~9 500 CAD/an (~6 500 €)
Master~25 000 CAD/anTarif international plein
Doctorat~22 000 CAD/anTarif québécois (~3 500 CAD/an)

Le diplôme reste exactement le même. Un étudiant français qui fait une licence à l’UdeM ou à Laval paie ~6 500 € par an au lieu de ~17 000 €, sans aucune contrepartie. C’est l’un des meilleurs rapports qualité-prix d’études internationales au monde, et c’est très peu connu en France.

b. La langue française est un atout, pas un obstacle

Les universités francophones du Québec (UdeM, Laval, UQAM, Université de Sherbrooke, etc.) accueillent les étudiants français sans test de langue, avec un programme entièrement en français. C’est rare à l’international. Souvent, étudier à l’étranger implique d’apprendre une nouvelle langue d’enseignement. Au Québec, on peut directement entrer en cours, sans IELTS, sans TOEFL.

c. La qualité académique est réelle

McGill, UdeM, UBC, Toronto sont régulièrement dans le top 50 mondial des classements (QS, Times Higher Education). Ce ne sont pas des universités de second rang : la qualité d’enseignement est comparable à celle des meilleures universités françaises ou britanniques.

3. Les vraies différences pour le candidat

Pour les universités anglophones (hors Québec)

  • Plateforme provinciale : OUAC en Ontario, EducationPlannerBC en Colombie-Britannique, ApplyAlberta en Alberta, etc. Chaque province a son propre portail.
  • Test d’anglais obligatoire : IELTS 6.5 ou TOEFL iBT 90 minimum (parfois 7.0 pour les programmes très sélectifs)
  • Frais internationaux pleins : 25 000 à 60 000 CAD/an selon l’université et la filière (médecine et ingénierie sont les plus chères)
  • Lettre de motivation et lettres de recommandation demandées pour les programmes sélectifs
  • Date limite : généralement en janvier pour la rentrée de septembre

Pour les universités québécoises

  • Plateformes locales : chaque université a sa propre plateforme (BUREAU pour les universités du réseau de l’Université du Québec, application directe pour McGill, UdeM, Laval)
  • Pas de test de langue pour les francophones dans les universités francophones du Québec
  • Frais réduits pour les étudiants français (cf. tableau plus haut)
  • Date limite : variable selon les universités, généralement entre janvier et mars
  • Reconnaissance directe du Bac français : pas d’équivalence à demander

4. Le visa : Étude au Canada

Pour étudier au Canada, deux étapes successives :

Étape 1 — Le CAQ (uniquement pour le Québec)

Si vous étudiez au Québec, il faut d’abord obtenir un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ), délivré par le gouvernement provincial. Coût : ~120 CAD. Délai : 4-6 semaines.

Étape 2 — Le permis d’études (Study Permit)

Délivré par le gouvernement fédéral canadien. Coût : 150 CAD. Délai : variable, souvent 6-12 semaines depuis la France.

Conditions communes :

  • Lettre d’admission de l’université
  • Justifier de fonds suffisants : ~10 000 CAD/an pour les frais de subsistance (en plus des droits de scolarité)
  • Examen médical pour certaines provinces
  • Pas de casier judiciaire

Bonne nouvelle : le permis d’études autorise à travailler 20h/semaine pendant les cours et à temps plein pendant les vacances, sans démarche supplémentaire. C’est mieux que le UK et beaucoup mieux que les USA.

5. Pour qui le Canada est-il pertinent ?

D’expérience, le Canada (et particulièrement le Québec) est le bon choix pour les familles dont l’enfant :

  • Veut étudier à l’international à un coût réaliste — c’est probablement la meilleure option qualité/prix au monde pour un Français en licence
  • Préfère le français mais veut une expérience nord-américaine — le Québec est unique pour ça
  • Vise une carrière internationale — un diplôme canadien est lu sans difficulté par les recruteurs européens, américains, asiatiques
  • Veut un environnement académique encadré — les universités canadiennes ont une vraie culture du suivi étudiant, contrairement à l’université française

Le Canada anglophone convient en plus à un élève qui :

  • A déjà un excellent niveau d’anglais (B2-C1 minimum)
  • Vise des filières spécifiques où le Canada anglophone excelle (informatique à Waterloo, médecine à UofT, ingénierie à UBC)

6. Trois questions à se poser avant de viser le Canada

  1. Le Québec ou le reste du Canada ? Cette question doit être tranchée tôt, car ce sont deux projets différents (langue, culture, plateformes, coûts).
  2. Si Québec : avez-vous bien intégré l’accord franco-québécois ? Sans cette information, beaucoup de familles éliminent le Québec pour des raisons de budget alors qu’il est en réalité moins cher qu’une licence française privée ou même qu’une école de commerce post-bac.
  3. Connaissez-vous le calendrier provincial ? Les dates limites varient selon les provinces. À l’Ontario via OUAC, c’est mi-janvier. À McGill, c’est début janvier. À Laval, c’est plus souple.

7. Calendrier type pour une candidature à la rentrée 2027

PériodeÉtape
Avril-juin 2026Identifier les universités cibles + trancher Québec / hors Québec
Juin-août 2026Si universités anglophones : préparer l’IELTS / TOEFL
Septembre-octobre 2026Ouverture des plateformes provinciales
Janvier 2027Date limite OUAC (Ontario) et McGill
Février-avril 2027Réception des admissions
Mai 2027Décision finale
Mai-juillet 2027Démarches CAQ (Québec) puis permis d’études
Septembre 2027Rentrée

À retenir

  • Le Canada n’est pas un système unique : Québec et reste du Canada sont deux mondes parallèles.
  • L’accord franco-québécois met les frais de licence à ~6 500 € par an pour un Français au Québec — c’est probablement la meilleure offre internationale qualité/prix qui existe.
  • Les universités francophones du Québec (UdeM, Laval, Sherbrooke) acceptent les Français sans test de langue.
  • Le permis d’études autorise à travailler 20h/semaine, plus généreux qu’au UK ou aux USA.
  • Hors Québec, comptez 25 000 à 60 000 CAD/an de frais — proche du tarif UK post-Brexit.

Pour aller plus loin


Fiche rédigée par Constantin Mardoukhaev, co-fondateur d’Axiom Academic. Constantin pilote l’accompagnement des familles francophones dans leurs projets d’études à l’international.

Dernière mise à jour : 8 avril 2026