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Étudier au Canada : guide complet pour les familles francophones

Tarifs préférentiels au Québec pour les Français, deux systèmes parallèles, qualité académique reconnue : ce qu'il faut savoir avant de viser une université canadienne.

Photo de Constantin Mardoukhaev

Constantin Mardoukhaev

Co-fondateur, Axiom Academic · Publié le 25 mars 2026 · Mise à jour 12 juin 2026

La CN Tower et la skyline de Toronto au crépuscule, vues du lac Ontario

Fiche d'identité

Plateforme de candidature
Plateforme provinciale (OUAC en Ontario, ApplyAlberta, EducationPlannerBC) ; au Québec, candidature directe auprès de chaque université
Langues d'enseignement
Anglais, Français (Québec et Ontario partiel)
Coût annuel moyen
5 000 € (Québec, étudiants français) à 35 000 € (universités anglophones)
Durée de la licence
3 ans (Québec) ou 4 ans (reste du Canada)
Visa requis
Oui
Reconnaissance du diplôme
Diplômes canadiens lisibles en France via une attestation de comparabilité ENIC-NARIC. Un arrangement franco-québécois facilite la mobilité étudiante et la reconnaissance mutuelle des qualifications.

Le Canada est l’une des destinations les plus pertinentes pour une famille francophone qui veut conjuguer qualité académique internationale et budget réaliste. C’est aussi l’une des plus mal comprises : beaucoup de familles confondent « le Canada » et « les universités canadiennes » comme s’il s’agissait d’un système unique. C’est faux. Le Canada n’a pas de système universitaire fédéral : chaque province gère ses propres universités, ses propres frais, sa propre plateforme de candidature.

Cette fiche distingue donc clairement les deux mondes auxquels une famille francophone est confrontée : le Québec d’un côté, le reste du Canada de l’autre.

1. Deux pays universitaires en un

Le Québec : un cas à part

Le Québec a sa propre logique. L’enseignement supérieur québécois est divisé en CÉGEP (équivalent d’un préparatoire / 1er cycle court de 2 ans après le secondaire) puis université (Bachelor’s, qui dure souvent 3 ans car le CÉGEP a déjà couvert la première année universitaire des autres provinces).

Les principales universités québécoises : McGill (anglophone, top 30 mondial), Université de Montréal (UdeM, francophone), Université Laval (Québec), Concordia (anglophone, Montréal), HEC Montréal (école de gestion).

Le reste du Canada : système anglophone classique

Dans les 9 autres provinces, la licence (Bachelor’s degree) dure 4 ans, en anglais (sauf quelques exceptions comme l’Université d’Ottawa, bilingue). Les références : University of Toronto (top 25 mondial), UBC (Vancouver), McGill (à cheval, Montréal), University of Waterloo (excellence en sciences/ingénierie/informatique), Queen’s University (Kingston).

2. Pourquoi c’est très intéressant pour les familles francophones

a. L’accord franco-québécois : tarif réduit

C’est le point que beaucoup de familles ignorent. Depuis 2015, un accord entre la France et le Québec accorde aux étudiants français au niveau licence des frais de scolarité alignés sur les tarifs canadiens hors-Québec (« hors province »), au lieu des tarifs internationaux. Concrètement :

NiveauTarif internationalTarif Français (avec accord)
Licence (Bachelor)~25 000 CAD/an~9 500 CAD/an (~6 500 €)
Master~25 000 CAD/anTarif international plein
Doctorat~22 000 CAD/anTarif québécois (~3 500 CAD/an)

Le diplôme reste exactement le même. Un étudiant français qui fait une licence à l’UdeM ou à Laval paie ~6 500 € par an au lieu de ~17 000 €, sous réserve de remplir les conditions d’admissibilité. C’est l’un des meilleurs rapports qualité-prix d’études internationales au monde, et c’est très peu connu en France.

b. La langue française est un atout, pas un obstacle

Les universités francophones du Québec n’exigent généralement pas de test de langue pour les titulaires d’un Bac français. Le programme est entièrement en français. C’est rare à l’international. Souvent, étudier à l’étranger implique d’apprendre une nouvelle langue d’enseignement. Au Québec, on peut directement entrer en cours.

c. La qualité académique est réelle

McGill, UdeM, UBC, Toronto sont régulièrement dans le top 50 mondial des classements (QS, Times Higher Education). Ce ne sont pas des universités de second rang : la qualité d’enseignement est comparable à celle des meilleures universités françaises ou britanniques.

3. Les vraies différences pour le candidat

Pour les universités anglophones (hors Québec)

  • Plateforme provinciale : OUAC en Ontario, EducationPlannerBC en Colombie-Britannique, ApplyAlberta en Alberta, etc. Chaque province a son propre portail.
  • Test d’anglais obligatoire : IELTS 6.5 ou TOEFL iBT 90 minimum (parfois 7.0 pour les programmes très sélectifs)
  • Frais internationaux pleins : 25 000 à 60 000 CAD/an selon l’université et la filière (médecine et ingénierie sont les plus chères)
  • Lettre de motivation et lettres de recommandation demandées pour les programmes sélectifs
  • Date limite : généralement en janvier pour la rentrée de septembre

Pour les universités québécoises

  • Candidature directe : pas de plateforme centralisée au Québec. On candidate directement auprès de chaque université (McGill, UdeM, Laval, universités du réseau de l’Université du Québec), chacune avec son propre portail d’admission
  • Pas de test de langue pour les francophones dans les universités francophones du Québec
  • Frais réduits pour les étudiants français (cf. tableau plus haut)
  • Date limite : variable selon les universités, généralement entre janvier et mars
  • Le Bac français est directement accepté comme condition d’admission par les universités québécoises, sans démarche d’homologation préalable

4. Le visa : Étude au Canada

Pour étudier au Canada, deux étapes successives :

Étape 1 : le CAQ (uniquement pour le Québec)

Si vous étudiez au Québec, il faut d’abord obtenir un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ), délivré par le gouvernement provincial. Coût : ~120 CAD. Délai : 4-6 semaines.

Étape 2 : le permis d’études (Study Permit)

Délivré par le gouvernement fédéral canadien. Coût : 150 CAD. Délai : variable, souvent 6-12 semaines depuis la France.

Depuis 2024, le Canada plafonne le nombre de permis d’études. Conséquence directe pour les candidats : la plupart des demandes de premier cycle hors Québec doivent inclure une lettre d’attestation provinciale ou territoriale (PAL/TAL), obtenue via l’établissement qui vous admet. Pour 2026, IRCC vise 180 000 permis pour les candidats soumis à cette attestation. Au Québec, le CAQ en tient lieu. Concrètement : des places contingentées par province et une étape administrative supplémentaire, à anticiper dans le calendrier.

Conditions communes :

  • Lettre d’admission de l’université
  • Justifier de fonds suffisants : 22 895 CAD/an pour une personne seule hors Québec, hors frais de scolarité et de transport (montant IRCC en vigueur depuis le 1er septembre 2025, indexé chaque année ; le Québec applique ses propres seuils, fixés par le ministère de l’Immigration québécois). Vérifier le montant à jour sur le site d’IRCC au moment de la demande.
  • Examen médical pour certaines provinces
  • Pas de casier judiciaire

Bonne nouvelle : le permis d’études autorise à travailler à temps partiel pendant les cours (le nombre d’heures autorisé est révisé périodiquement par IRCC) et à temps plein pendant les vacances, sans démarche supplémentaire. C’est mieux que le Royaume-Uni et beaucoup mieux que les États-Unis.

5. Pour qui le Canada est-il pertinent ?

D’expérience, le Canada (et particulièrement le Québec) est le bon choix pour les familles dont l’enfant :

  • Veut étudier à l’international à un coût réaliste : c’est probablement la meilleure option qualité/prix au monde pour un Français en licence
  • Préfère le français mais veut une expérience nord-américaine : le Québec est unique pour ça
  • Vise une carrière internationale : un diplôme canadien est lu sans difficulté par les recruteurs européens, américains, asiatiques
  • Veut un environnement académique encadré : les universités canadiennes ont une vraie culture du suivi étudiant, contrairement à l’université française

Le Canada anglophone convient en plus à un élève qui :

  • A déjà un excellent niveau d’anglais (B2-C1 minimum)
  • Vise des filières spécifiques où le Canada anglophone excelle (informatique à Waterloo, médecine à UofT, ingénierie à UBC)

6. Trois questions à se poser avant de viser le Canada

  1. Le Québec ou le reste du Canada ? Cette question doit être tranchée tôt, car ce sont deux projets différents (langue, culture, plateformes, coûts).
  2. Si Québec : avez-vous bien intégré l’accord franco-québécois ? Sans cette information, beaucoup de familles éliminent le Québec pour des raisons de budget alors qu’il est en réalité moins cher qu’une licence française privée ou même qu’une école de commerce post-bac.
  3. Connaissez-vous le calendrier provincial ? Les dates limites varient selon les provinces. À l’Ontario via OUAC, c’est mi-janvier. À McGill, c’est début janvier. À Laval, c’est plus souple.

7. Calendrier type pour une candidature à la rentrée 2027

PériodeÉtape
Avril-juin 2026Identifier les universités cibles + trancher Québec / hors Québec
Juin-août 2026Si universités anglophones : préparer l’IELTS / TOEFL
Septembre-octobre 2026Ouverture des plateformes provinciales
Janvier 2027Date limite OUAC (Ontario) et McGill
Février-avril 2027Réception des admissions
Mai 2027Décision finale
Avril-juillet 2027Démarches CAQ (Québec) ou PAL/TAL (hors Québec) puis permis d’études
Septembre 2027Rentrée

À retenir

  • Le Canada n’est pas un système unique : Québec et reste du Canada sont deux mondes parallèles.
  • L’accord franco-québécois met les frais de licence à ~6 500 € par an pour un Français au Québec : c’est probablement la meilleure offre internationale qualité/prix qui existe.
  • Les universités francophones du Québec (UdeM, Laval, Sherbrooke) n’exigent généralement pas de test de langue pour les titulaires d’un Bac français.
  • Le permis d’études autorise à travailler à temps partiel pendant les cours, plus généreux qu’au UK ou aux USA.
  • Depuis 2024, le Canada plafonne les permis d’études : une lettre d’attestation provinciale (PAL/TAL) est exigée pour la plupart des candidats au 1er cycle hors Québec (au Québec, le CAQ en tient lieu), et la preuve de fonds est passée à 22 895 CAD/an (hors scolarité, depuis septembre 2025).
  • Hors Québec, comptez 25 000 à 60 000 CAD/an de frais, proches du tarif UK post-Brexit.

Pour aller plus loin


Fiche rédigée par Constantin Mardoukhaev, co-fondateur d’Axiom Academic. Constantin pilote l’accompagnement des familles francophones dans leurs projets d’études à l’international.

Questions fréquentes

Combien coûte une licence au Canada pour un étudiant français ?
Au Québec, grâce à l'accord franco-québécois, environ 9 500 CAD par an (~6 500 €) en licence. Hors Québec, le tarif international s'applique : 25 000 à 60 000 CAD par an selon l'université et la filière.
Quelles démarches d'immigration pour étudier au Canada ?
Un permis d'études fédéral (150 CAD), précédé du CAQ pour le Québec ou d'une lettre d'attestation provinciale (PAL/TAL) pour la plupart des candidats au premier cycle hors Québec depuis 2024. Preuve de fonds exigée : 22 895 CAD par an hors Québec (en vigueur depuis septembre 2025), hors frais de scolarité.
Peut-on étudier en français au Canada ?
Oui, au Québec (UdeM, Laval, Sherbrooke, UQAM) et en partie à l'Université d'Ottawa, bilingue. Les universités francophones n'exigent généralement pas de test de langue pour les titulaires d'un Bac français.
Comment candidate-t-on aux universités canadiennes ?
Par plateforme provinciale hors Québec (OUAC en Ontario, EducationPlannerBC, ApplyAlberta) et directement auprès de chaque université au Québec. Dates limites généralement entre janvier et mars pour la rentrée de septembre.

Dernière mise à jour : 12 juin 2026

Crédits photo : Jochem Raat · Unsplash · source