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Le guide des études supérieures
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Étudier en France : guide complet pour les familles francophones et internationales

Université, écoles, prépas, BTS, médecine, Parcoursup : le guide de référence pour comprendre l'enseignement supérieur français de l'intérieur.

Photo de Catherine Menay

Catherine Menay

Conseillère d'orientation, Axiom Orientation · Publié le 9 avril 2026

Fiche d'identité

Plateforme de candidature
Parcoursup (post-bac) / Études en France (étudiants étrangers hors UE) Logo Parcoursup
Langues d'enseignement
Français, Anglais (programmes internationaux)
Coût annuel moyen
178 € (université publique) à 18 000 € (école de commerce privée)
Durée de la licence
3 ans (Licence) / 5 ans (cycle ingénieur ou master)
Visa requis
Non
Reconnaissance du diplôme
Diplômes français reconnus dans tout l'EEE via les conventions de Bologne. Pour les diplômes internationaux candidatant en France : équivalence via ENIC-NARIC France.

La France est la destination par défaut d’une famille francophone. C’est aussi la plus mal comprise de toutes, parce qu’on croit la connaître. Le système d’enseignement supérieur français est en réalité d’une complexité inhabituelle pour qui arrive de l’extérieur, et même beaucoup de familles métropolitaines se perdent dans le maquis des voies, des statuts et des institutions.

Cette fiche est écrite pour trois publics qui se croisent : les familles métropolitaines qui veulent une vue d’ensemble structurée, les familles francophones expatriées qui préparent un retour pour les études supérieures, et les familles internationales (anglophones notamment) qui considèrent la France pour leurs enfants. Quand un point ne concerne qu’un sous-public, je le précise.

1. Comprendre le système

L’enseignement supérieur français accueille environ 2,9 millions d’étudiants sur 4 grandes catégories d’établissements, dont les logiques sont radicalement différentes. C’est la première chose à comprendre : le mot « université » en France ne couvre qu’une partie du paysage, et choisir la bonne catégorie est souvent plus important que choisir l’établissement précis.

Les universités publiques

67 universités publiques réparties sur tout le territoire, dont une dizaine sont régulièrement classées dans le top mondial (PSL, Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, Sciences Po, qui est un cas hybride). Caractéristiques : frais quasi nuls (~178 €/an), grande liberté pédagogique, gros effectifs, sélection limitée à certaines filières. C’est la voie majoritaire, avec environ 1,6 million d’étudiants.

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE)

Les fameuses « prépas » : un cursus de 2 à 3 ans, encadré, intensif, qui prépare aux concours d’entrée des grandes écoles d’ingénieur, de commerce, ou des écoles normales supérieures. ~85 000 étudiants. Trois grandes filières : scientifique (MPSI, PCSI, BCPST, MPI), économique et commerciale (ECG), et littéraire (khâgne). Spécificité française unique au monde.

Les écoles d’ingénieur et écoles de commerce

~200 écoles d’ingénieur (publiques et privées, du Polytechnique aux INSA) et ~40 écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC…). Cursus en 5 ans après le bac (recrutement post-bac) ou en 3 ans après une prépa (recrutement post-prépa). Coûts très variables : de quasi gratuit (Polytechnique, écoles des Mines) à 18 000 €/an pour les grandes écoles de commerce privées.

Les BTS, IUT et formations courtes

~700 BTS (Brevet de Technicien Supérieur, en lycée, 2 ans) et ~110 IUT (Institut Universitaire de Technologie, en université, 3 ans depuis la réforme du BUT). Voies professionnalisantes, taux d’insertion généralement excellent, mais souvent sous-considérées par les familles qui pensent automatiquement « licence à la fac ». C’est l’erreur la plus fréquente que je vois en cabinet : un élève qui aurait été heureux et rapidement diplômé dans un BTS finit en licence par défaut.

2. Les grandes voies post-bac

Plutôt que de penser « université vs école », il vaut mieux raisonner en voies pédagogiques parce que c’est la logique d’apprentissage qui détermine la réussite, pas le prestige nominal.

Voie 1 — Licence universitaire (3 ans)

L’autonomie totale. ~30 % d’échec en première année à l’échelle nationale, principalement par défaut d’autonomie. Convient aux élèves qui aiment apprendre seuls, qui ont une discipline personnelle, et qui acceptent de construire leur projet professionnel progressivement. Frais : 178 €/an.

Voie 2 — BUT (Bachelor Universitaire de Technologie, 3 ans)

L’ancien DUT élargi à 3 ans depuis 2021. En IUT, donc en université, mais avec un encadrement beaucoup plus structuré, des stages obligatoires, et une visée professionnelle assumée. ~60 % de poursuite d’études en master ou école par la suite. Excellent compromis pour un élève qui veut un cadre sans perdre la possibilité de prolonger.

Voie 3 — BTS (2 ans)

En lycée, avec un encadrement quasi-scolaire. Très orienté métier. Insertion rapide. ~45 % de poursuite d’études (souvent en licence pro). Voie sous-considérée mais excellente pour les élèves qui veulent un métier rapidement et un environnement structuré.

Voie 4 — Classe préparatoire (2-3 ans) puis grande école (3 ans)

Le parcours « royal » du système français : exigeant, sélectif, prestigieux. Total de 5 ans après le bac pour atteindre un master d’une grande école d’ingénieur ou de commerce. Convient aux élèves au bon dossier scientifique ou littéraire, qui acceptent un rythme intense et un encadrement strict pendant 2-3 ans.

Voie 5 — École post-bac en 5 ans

Écoles d’ingénieur (INSA, UT, INP, écoles privées comme EFREI, ESILV) et écoles de commerce (programmes Bachelor + Master comme ceux de NEOMA, Audencia, Kedge en post-bac). Recrutement direct après le bac, sans passer par une prépa. Cursus continu de 5 ans dans la même école.

Voie 6 — PASS / LAS pour la médecine

Les deux voies d’entrée dans les études de santé depuis la réforme de 2020. PASS = Parcours d’Accès Spécifique Santé, en faculté de médecine. LAS = Licence avec Accès Santé, dans une autre licence + une mineure santé. La sélection à la fin de la première année reste très dure (taux de passage de 15-30 %).

Voie 7 — Sciences Po et IEP

10 IEP (Sciences Po Paris + 9 IEP de région) qui forment aux carrières de sciences sociales, fonction publique, journalisme, conseil, communication. Recrutement très sélectif sur dossier + épreuves écrites pour Sciences Po Paris. Cursus en 5 ans (3+2). Frais très variables : ~178 € pour les IEP de région, jusqu’à 14 000 €/an à Sciences Po Paris pour les familles à hauts revenus (modulé selon les revenus).

3. Parcoursup

Parcoursup est la plateforme nationale unique par laquelle passent toutes les candidatures post-bac (sauf rares exceptions comme les écoles d’art privées hors contrat ou certaines écoles de commerce qui ont leur propre concours). ~900 000 candidats chaque année.

Le calendrier en bref

PériodeÉtape
Mi-décembreOuverture du site d’information
Mi-janvierOuverture de la plateforme — saisie des vœux
Mi-marsDate limite de saisie des vœux
Début avrilDate limite de confirmation des vœux et du dossier
Début juinDébut de la phase d’admission — premières propositions
Mi-juilletFin de la phase principale
Fin septembreFin de la phase complémentaire

Les règles essentielles

  • 10 vœux maximum pour les formations sélectives, + 10 sous-vœux pour les formations groupées (BTS, écoles avec plusieurs sites)
  • Tous les vœux sont traités en parallèle, sans hiérarchie au moment de la candidature
  • Les formations classent les candidats selon leurs propres critères, communiqués via la fiche « attendus »
  • Pendant la phase d’admission, le candidat reçoit ses propositions au fur et à mesure et doit en accepter une (avec possibilité de garder d’autres en attente)

📚 Pour aller plus loin : nous avons rédigé une série complète d’articles dédiés à Parcoursup (calendrier détaillé, attendus, stratégie de vœux, lettre de motivation) accessibles depuis le pilier Parcoursup.

4. Coût et financement

L’enseignement supérieur français est massivement subventionné, ce qui en fait l’un des moins chers au monde pour une qualité comparable. Mais il y a des écarts considérables entre filières.

Frais de scolarité par voie

VoieFrais annuels
Licence universitaire publique~178 €
BUT (en IUT public)~178 €
BTS public (en lycée)Gratuit
BTS privé4 000 à 8 000 €
Classe préparatoire publique (en lycée)Gratuit (sauf inscription cumulée université)
École d’ingénieur publique (INSA, UT, écoles des Mines)600 à 3 000 €
École d’ingénieur privée (EFREI, ESILV, ESEO)8 000 à 12 000 €
École de commerce post-prépa (HEC, ESSEC, ESCP)16 000 à 21 000 €
École de commerce post-bac (NEOMA, Audencia BBA)9 000 à 13 000 €
Sciences Po Paris (modulé)0 à 14 000 € selon revenus

Le coût réel : la vie étudiante

Les frais de scolarité bas masquent souvent le vrai coût : logement, nourriture, transport, loisirs. Pour une année :

VilleCoût mensuel typiqueCoût annuel (10 mois)
Paris1 200 à 1 600 €12 000 à 16 000 €
Grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Toulouse)850 à 1 100 €8 500 à 11 000 €
Villes universitaires moyennes700 à 900 €7 000 à 9 000 €

Bourses, aides, alternance

  • Bourses CROUS sur critères sociaux : 1 500 à 6 500 € par an, ~30 % des étudiants en bénéficient
  • Aide au logement (APL) : 100 à 250 €/mois pour les étudiants éligibles
  • Alternance / contrat d’apprentissage : payé par l’entreprise (~50-80 % du SMIC selon l’âge), frais de scolarité couverts. Probablement la meilleure stratégie pour un étudiant qui veut une école payante sans avance familiale lourde.

5. Vie étudiante

Quelques points pratiques que les familles internationales sous-estiment systématiquement.

Logement

C’est le premier sujet d’angoisse d’une rentrée. Trois options principales :

  • Résidences CROUS : les moins chères (~250-400 €/mois) mais nombre limité, prioritaires aux boursiers
  • Résidences étudiantes privées : plus chères (450-900 €/mois selon les villes) mais nombreuses et bien équipées
  • Logement chez l’habitant ou colocation privée : variable, souvent le meilleur compromis qualité/prix

À Paris, comptez 800 à 1 200 €/mois pour un studio, c’est le poste budgétaire principal.

Sécurité sociale étudiante

Depuis 2018, les étudiants sont automatiquement rattachés au régime général de la Sécu, comme le reste de la population. Plus besoin de mutuelle étudiante obligatoire. Une mutuelle complémentaire reste recommandée (~10-30 €/mois selon les options).

Transport

Les villes universitaires offrent toutes des abonnements transport étudiants très réduits (~25-40 €/mois). Paris a le Pass Imagine R (~350 €/an pour les moins de 26 ans). Les TGV ont une carte Avantage Jeune (49 €/an, -30 % sur tous les billets).

Restaurants universitaires (RU)

Les 800 restaurants CROUS servent un repas complet à 3,30 € (prix unique national), 1 € pour les boursiers. C’est probablement le meilleur rapport qualité/prix au monde pour un repas étudiant.

6. Pour les familles internationales

Cette section s’adresse aux familles non françaises ou aux Français de l’étranger qui veulent inscrire leur enfant dans le système supérieur français.

Cas 1 — Élève scolarisé en lycée français à l’étranger (réseau AEFE)

Le cas le plus simple. Un élève AEFE candidate exactement comme un lycéen métropolitain, via Parcoursup, avec son Bac français. Aucune équivalence, aucune procédure spéciale. Quelques particularités à connaître (fuseau horaire, calibrage du dossier dans la fourchette internationale) ; voir notre article dédié sur la spécificité des lycées français à l’étranger.

Cas 2 — Élève français scolarisé en système étranger (IB, A-levels, AP…)

L’élève passe par Parcoursup comme les autres, mais doit fournir une équivalence ou une attestation de son diplôme. Le bureau ENIC-NARIC France délivre cette attestation. Délai : 4-6 semaines, à anticiper. Le diplôme étranger est ensuite évalué par les commissions d’admission Parcoursup.

Cas 3 — Élève non français, non européen

Procédure différente : passer par « Études en France » (la plateforme Campus France des étudiants étrangers hors UE), qui gère à la fois la candidature universitaire et la demande de visa. Délais bien plus longs : il faut s’y prendre dès septembre-octobre pour une rentrée l’année suivante.

Cas 4 — Élève européen non français

Pas de visa, candidature directe via Parcoursup ou auprès des écoles. Reconnaissance automatique des diplômes européens via les conventions de Bologne. Procédure aussi simple qu’un Français, sauf que le bulletin scolaire étranger doit être traduit officiellement.

7. Pour qui la France est-elle faite ?

D’expérience, la France est le bon choix pour les familles dont l’enfant :

  • Parle français à un bon niveau — c’est évident pour les familles francophones, c’est bloquant pour les anglophones non préparés
  • Veut un coût d’études très bas — le système public reste l’un des plus accessibles au monde
  • A un projet académique large ou pas encore défini — le système français offre une variété de voies inégalée, plus que le UK ou les Pays-Bas
  • Aime la rigueur intellectuelle classique — dissertation, raisonnement, culture générale, méthodes structurées
  • Veut une vie étudiante riche et urbaine — Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Aix-Marseille, Strasbourg sont parmi les meilleures villes étudiantes au monde

À l’inverse, ce n’est pas la bonne destination pour :

  • Un élève qui ne parle pas français à un niveau B2 minimum (sauf programmes 100 % anglais, qui existent mais sont rares en licence)
  • Un élève qui veut une expérience internationale au sens « cosmopolite » fort (les Pays-Bas ou les Émirats sont plus diversifiés)
  • Une famille qui veut un environnement académique très encadré façon prep school anglo-saxonne (sauf à viser une école privée post-bac)

8. Calendrier type

Pour un élève en Terminale qui prépare la rentrée 2027 :

PériodeÉtape
Septembre 2026Réflexion approfondie sur les voies envisagées, ouverture du site Parcoursup d’information
Octobre-décembre 2026Visite de salons d’orientation, journées portes ouvertes, choix de spécialités confirmé
Mi-janvier 2027Ouverture de Parcoursup — saisie des vœux
Mi-mars 2027Date limite de saisie des vœux
Début avril 2027Date limite de confirmation (les vœux non confirmés sont annulés)
Mai-juin 2027Préparation aux oraux éventuels (Sciences Po, prépas, certaines écoles)
Début juin 2027Début de la phase d’admission
Juillet 2027Résultats du Bac, fin de la phase principale
Septembre 2027Rentrée

À retenir

  • L’enseignement supérieur français est un des moins chers au monde (~178 €/an dans le public) pour une qualité internationalement reconnue.
  • La diversité des voies est une force, pas un piège : une fois qu’on les comprend, on a plus d’options qu’au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas.
  • Parcoursup est la plateforme unique post-bac, à maîtriser dès l’automne de Terminale.
  • Le vrai coût se mesure en frais de vie (8 000 à 16 000 €/an selon la ville), pas en frais de scolarité.
  • L’alternance est probablement la meilleure stratégie pour suivre une école payante sans avance familiale.
  • Pour les familles internationales, le système accueille bien les élèves AEFE et européens, demande un peu plus de logistique pour les non-européens.
  • C’est la voie par défaut pour un francophone, mais ce n’est pas automatiquement la meilleure option pour tous les profils.

Pour aller plus loin


Fiche rédigée par Catherine Menay, conseillère d’orientation chez Axiom Orientation. Catherine accompagne depuis plus de quinze ans des familles francophones et internationales dans leurs choix d’orientation post-bac.

Dernière mise à jour : 9 avril 2026