Phase complémentaire Parcoursup : ce qu'il faut savoir
Pas de proposition en phase principale ? La phase complémentaire n'est pas un plan de « seconde zone ». C'est un vrai filet de sécurité — à condition de savoir l'utiliser.
Catherine Menay
Conseillère d'orientation, Axiom Orientation · Publié le 8 avril 2026
7 min de lecture
Sommaire
- Comment ça marche, concrètement
- Les dates
- Le principe
- Ce que ça veut dire
- Ce qu’on y trouve (et ce qu’on n’y trouve pas)
- Ce qu’on y trouve souvent
- Ce qu’on n’y trouve PAS
- La stratégie en 4 étapes
- Étape 1 — Lister les formations ouvertes en complémentaire (jour J)
- Étape 2 — Formuler des vœux réalistes
- Étape 3 — Répondre vite aux propositions
- Étape 4 — Si rien ne vient : saisir la CAES
- Les 5 erreurs que je vois chaque année
- 1. Attendre « que ça bouge » au lieu d’agir
- 2. Viser trop haut en complémentaire
- 3. Refuser une proposition « en attendant mieux »
- 4. Ignorer les BTS et les BUT
- 5. Ne pas saisir la CAES quand il le faut
- Le message important
- À retenir
- Pour aller plus loin
Chaque année, fin juin, des milliers de familles découvrent un mot qu’elles n’avaient jamais anticipé : « phase complémentaire ». L’enfant n’a aucune proposition en phase principale, ou les seules propositions reçues ne correspondent à rien, et soudain ce mot apparaît sur l’écran Parcoursup comme une bouée.
La bonne nouvelle : la phase complémentaire fonctionne vraiment. Chaque année, des dizaines de milliers d’étudiants trouvent une formation par ce canal. La mauvaise nouvelle : beaucoup de familles la gâchent en la traitant comme une loterie au lieu d’une stratégie.
Cet article explique comment fonctionne la phase complémentaire et comment l’utiliser intelligemment.
Comment ça marche, concrètement
Les dates
La phase complémentaire ouvre mi-juin (en général autour du 11 juin) et se poursuit jusqu’à mi-septembre. C’est beaucoup plus long que ce que les familles imaginent : il y a des mouvements de places jusqu’à la rentrée.
Le principe
Les formations qui n’ont pas rempli tous leurs effectifs pendant la phase principale rendent leurs places restantes disponibles en phase complémentaire. L’élève peut alors formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux (en plus de ceux de la phase principale, qui restent actifs en parallèle si certains sont encore « en attente »).
Ce que ça veut dire
- La phase complémentaire n’est pas une phase séparée de Parcoursup, c’est une continuation
- Les vœux de la phase principale qui sont « en attente » continuent de tourner en parallèle
- Un élève peut recevoir une proposition en phase complémentaire ET une proposition en phase principale le même jour
- Il faut toujours répondre dans les délais (généralement 3 jours) aux propositions reçues
Ce qu’on y trouve (et ce qu’on n’y trouve pas)
Ce qu’on y trouve souvent
- Licences universitaires dans des universités de taille moyenne ou dans des filières moins demandées (lettres, langues, sciences humaines, AES, géographie, sciences de la vie hors PASS)
- BTS dans les lycées publics et privés — souvent d’excellentes formations professionnalisantes avec des places disponibles
- BUT (IUT) — certains IUT ont des places non pourvues, surtout dans les filières techniques (génie civil, mesures physiques, chimie)
- Certaines écoles privées post-bac (commerce, ingénieur) qui n’ont pas rempli leurs promotions
- Prépas dans des lycées de province qui ont des places — c’est rare mais ça existe, et une prépa de province peut être excellente
Ce qu’on n’y trouve PAS
- Les formations ultra-sélectives (Sciences Po Paris, prépas parisiennes les plus cotées, doubles-licences à Dauphine ou Sorbonne) — elles sont remplies dès la phase principale
- Médecine (PASS/LAS) — les places sont rares ou inexistantes en complémentaire
- Les écoles d’ingénieur publiques les plus cotées (INSA, UT) — généralement remplies
La stratégie en 4 étapes
Étape 1 — Lister les formations ouvertes en complémentaire (jour J)
Dès l’ouverture de la phase complémentaire, Parcoursup affiche les formations qui ont des places. L’interface permet de filtrer par type de formation, par académie, par domaine. C’est un moteur de recherche, utilisez-le.
Conseil : ne vous limitez pas à votre académie d’origine. Les formations en complémentaire sont réparties sur tout le territoire. Un BTS excellent à Toulouse peut être un bien meilleur choix qu’une licence médiocre à Paris.
Étape 2 — Formuler des vœux réalistes
C’est le point critique. La phase complémentaire n’est pas le moment de viser Sciences Po ou Polytechnique, c’est le moment de viser des formations qui vous accepteront, et qui ont un vrai intérêt pour votre parcours.
Les bons réflexes :
- Formuler 5-8 vœux (pas 1 ou 2, trop risqué ; pas 10, ça disperse)
- Cibler des formations cohérentes avec votre dossier (pas de vœux « au hasard »)
- Relire la fiche de chaque formation sur Parcoursup pour vérifier les attendus : si votre dossier ne correspond pas, ne gaspillez pas un vœu
- Penser aux BTS et BUT même si vous visiez une licence : ce sont souvent de meilleures formations en termes d’encadrement et d’insertion, et le passage vers un master est possible ensuite
Étape 3 — Répondre vite aux propositions
En phase complémentaire, les délais de réponse sont plus courts qu’en phase principale (souvent 2-3 jours au lieu de 5). Si une proposition arrive et que vous ne répondez pas à temps, elle est perdue.
Conseil : activez les notifications Parcoursup sur votre téléphone et vérifiez votre messagerie Parcoursup chaque matin entre juin et septembre. Les propositions arrivent souvent le matin tôt.
Étape 4 — Si rien ne vient : saisir la CAES
Si fin juillet vous n’avez toujours aucune proposition (ni en phase principale, ni en complémentaire), vous pouvez saisir la Commission d’Accès à l’Enseignement Supérieur (CAES) de votre académie. Cette commission a le pouvoir de vous affecter une place dans une formation ayant des capacités.
La CAES est un dernier recours, pas un premier choix. La formation proposée ne sera pas forcément votre préférée, mais elle garantit une inscription quelque part. C’est mieux que rien, et une réorientation est toujours possible en fin de première année.
Les 5 erreurs que je vois chaque année
1. Attendre « que ça bouge » au lieu d’agir
Beaucoup de familles restent passives en juin, espérant que les listes d’attente de la phase principale avancent. Elles ne formulent aucun vœu complémentaire « au cas où ». Et quand mi-juillet arrive sans proposition, les meilleures places en complémentaire sont déjà prises.
Règle : formulez des vœux complémentaires dès l’ouverture (mi-juin), même si vous avez des vœux en attente en phase principale. Les deux ne s’annulent pas.
2. Viser trop haut en complémentaire
Si vous n’avez eu aucune proposition en phase principale, c’est probablement que votre dossier est en décalage avec les formations visées. La phase complémentaire n’est pas le moment de retenter la même stratégie, c’est le moment d’ajuster le niveau de sélectivité.
3. Refuser une proposition « en attendant mieux »
En complémentaire, une proposition refusée est définitivement perdue. Si vous recevez une proposition acceptable, acceptez-la. Vous pourrez toujours démissionner plus tard si une meilleure arrive. Mais refuser en espérant « mieux » est un pari risqué.
4. Ignorer les BTS et les BUT
Les familles qui visaient la licence regardent rarement les BTS et les BUT en complémentaire. C’est une erreur. Un BTS bien choisi offre un encadrement supérieur à une licence de repli, un taux d’insertion meilleur, et la possibilité de poursuivre en licence professionnelle ou en école ensuite.
5. Ne pas saisir la CAES quand il le faut
Certaines familles considèrent la CAES comme « humiliante ». C’est un frein psychologique, pas un frein réel. La CAES vous donne une inscription garantie, c’est sa mission. Une année dans une formation proposée par la CAES vaut infiniment mieux qu’une année à ne rien faire.
Le message important
La phase complémentaire a mauvaise réputation parce qu’on l’associe à l’échec. C’est injuste. Des milliers d’étudiants y trouvent chaque année des formations dans lesquelles ils s’épanouissent et réussissent. Un BTS trouvé en complémentaire peut mener à une licence pro, puis un master, puis une carrière excellente. L’important n’est pas comment on a trouvé la formation, c’est ce qu’on en fait.
À retenir
- La phase complémentaire ouvre mi-juin et dure jusqu’à mi-septembre — c’est plus long qu’on ne pense.
- Jusqu’à 10 nouveaux vœux possibles, en parallèle des vœux en attente de la phase principale.
- On y trouve des licences, BTS, BUT, certaines écoles privées et même quelques prépas de province.
- Formulez des vœux dès l’ouverture (mi-juin), n’attendez pas que la phase principale se décante.
- Acceptez une proposition acceptable plutôt que de refuser en espérant mieux — un refus est définitif.
- En dernier recours, la CAES garantit une inscription quelque part — ce n’est pas un échec.
Pour aller plus loin
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Article rédigé par Catherine Menay, conseillère d’orientation chez Axiom Orientation. Catherine accompagne chaque année des familles dans la gestion de la phase d’admission Parcoursup, y compris quand il faut activer la phase complémentaire.
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